Presse

“Le premier album du Trio Karénine (Schumann) avait fait dresser l’oreille. Celui-ci confirme bien que cette réussite n’était pas un feu de paille. Après neuf ans de travail intensif, la formation a désormais atteint une maturité sonore et surtout une intelligence des textes qui la situent au plus haut niveau.

Prenons par exemple le trio de Gabriel Fauré. C’est l’oeuvre d’un vieux monsieur fatigué, attaché à la forme et à une expressivité que l’on peut qualifier de romantique, où priment pourtant la sensualité et l’élégance d’une forme épurée.
On retrouve tout cela dans l’interprétation des Karénine, qui voient les choses de haut, refusent d’accuser les angles et l’expression, et donnent du Trio l’image la plus juste et raffinée.
À propos de raffinement, on appréciera aussi l’équilibre du Trio de Ravel, dans lequel la perfection de la forme conjure les terribles angoisses qui assaillaient le compositeur en cette année 1914. L’expression, une fois encore, n’est pas surlignée mais passe par le travail des sonorités et la conduite très naturelle des mouvements.
Bien moins connu, quoiqu’il en existe déjà au moins deux enregistrements, le Trio de germaine Tailleferre offre la particularité d’avoir été composé en deux fois, à six décennies d’intervalle (1917 et 1978).
On y sent bien un petit côté Groupe des Six charmant et spirituel mais surtout une belle écriture dense et châtiée, et que les interprètes prennent vraiment au sérieux.
En somme un très beau travail d’une formation qui porte un regard original sur des pages connues et révèlent une rareté de prix.”

Jacques Bonnaure, Classica, Juin 2018

 

Le Trio de Germaine Tailleferre par des interprètes français ? Ce n’est pas tous les matins ! On a commencé ce disque par la fin, avec l’ouvrage de l’unique femme du Groupe des Six, avant de reprendre les choses à leur début et de « boucler » pendant un bon moment sur une vraie petite merveille discographique (très bien captée de surcroît).
A la différence des quatuors, qui poussent comme des champignons, les trios avec piano ne sont pas légion en France. Le Trio Karénine compte parmi les meilleurs, tant par le niveau de chacun de ses membres (Fanny Robilliard, violon ; Louis Rodde, violoncelle ; Paloma Kouider, piano) qu’un équilibre, une harmonie des individualités et un profond sens de la couleur, qualités qui s’illustrent au mieux dans ce programme français.

Entrée en matière avec le Trio op. 120 (1923) de Fauré. Difficile de croire que cet ouvrage précède d’un an seulement le testamentaire Quatuor à cordes op. 121. Le vieux maître était sans doute devenu dur de la feuille, mais que de jeunesse et de sève lyrique a-t-il su mettre dans une partition dont les trois musiciens s’emparent avec un souffle et un sens de la grande ligne simplement admirables, auxquels s’ajoutent une spontanéité de tous les instants.

Le Trio en la mineur de Ravel se range parmi les des chefs-d’œuvre absolus du genre au XXe siècle et ne pouvait faire défaut à ce disque français. Il est des interprétations qui possèdent le privilège – rare – de conférer une saveur nouvelle aux ouvrages les plus rebattus. C’est le cas de celle du Trio Karénine ; elle dévoile toutes les facettes de la partition avec autant d’intelligente maîtrise que d’émerveillement. Emerveillement qui devient celui de l’auditeur, ébloui et touché par tant d’art et, surtout, de naturel.

Beau geste de curiosité en conclusion que le choix du Trio de Germaine Tailleferre (1892-1983), composition en quatre mouvements entamée en 1917 et qui ne fut achevée qu’en … 1978 ! Le résultat vivant, savoureux, profondément attachant, oscille entre la tendresse et le bigarré et mérite la découverte, d’autant les instrumentistes à l’œuvre ici lui rendent justice avec fraîcheur et franchise.

Alain Cochard, concertclassic.com, juin 2018

 

 

Si bon nombre de jeunes quatuors à cordes français ont acquis une enviable réputation, les trios se portent également très bien comme l’attestent le Trio Karénine et cet admirable disque Schumann. Que trois jeunes musiciens se lancent avec passion dans ces deux partitions éminemment romantiques n’étonnera personne. mais qu’ils y déploient un jeu instrumental à l’équilibre parfait, pourtant si difficile à obtenir dans ces oeuvres complexes, et a fortiori sur piano moderne, force l’admiration.

Le piano évite en effet un hégémonie facile pour laisser toute liberté d’élocution aux cordes, et notamment au violoncelle qui peut discourir d’éf-gal à égal avec le violon. Si panache il y a, c’est toujours dans un esprit purement chambriste, avec un souci du détail générant une réalisation d’une qualité rare, sans faiblesse aucune. L’Opus 63 se montre ainsi totalement convaincant, d’autant que les Karénine, en privilégiant des tempi allants, évitent l’écueil de l’épaisseur, voire de la lourdeur si souvent subies dans ces pages. (…)

Un remarquable premier disque, aux interprétations pleinement abouties et montrant de bien belles qualités d’ensemble, se hissant aux premières places de la discographie, en compagnie notamment du Beaux-Arts Trio (Philips) et de Faust-Queyras-Melnikov (HM). Attendons maintenant le troisième et dernier trio !

Antoine Mignon, Classica, Juin 2016

 

 

Le personnage du roman de Tolstoï, Anna Karénine, par l’élan vital qui le caractérise, a inspiré son nom à ce remarquable Trio français constitué en 2009.

Cette jeune formation a bénéficié de l’expérience du Quatuor Ysaÿe au Conservatoire de Paris mais aussi des conseils précieux et avisés de Menahem Pressler, du Trio Wanderer, de Jean-Caude pennetier … Distingué pour la qualité de ses interprétations, le Trio Karénine s’est attiré l’attention bienveillante de nombreux mélomanes et acteurs influents du milieu artistique. Toutes leurs spécificités s’imposent et deviennent évidence dans les deux premiers Trios avec piano que Robert Schumann composa en 1847 (op. 63) et en 1847-49 (op. 80). L’homogénéité de l’ensemble fait merveille mais ne muselle aucunement les trois individualités alliées bien davantage que concurrentes. En à peine quelques mesures on baigne dans le monde romantique du maître allemand fait de rêverie insondable et de fantaisie parfois débridée mais aussi de mélancolie troublante et de rythmes ardents. Ces traits se retrouvent dans les quatre mouvements de chaque trio et, à l’occasion également , au sein d’un même mouvement. Ils nous convient à franchir des atmosphères variées et changeantes en nous guidant, exemple parmi d’autres, du « Lent, avec sentiment intimée du Trio en fa majeur au « Très vif » de ce lui en fa mineur. A l’instar de certains prédécesseurs comme le Beaux-Arts Trio, le Trio Leif Ove Andsnes, Christian et Tanja Tetzlaff ou le Trio Florestan, le Trio karénine sait faire revivre la musique de Schumann avec talent et génie et se il se positionne à leurs côtés, riche d’un enthousiasme et d’une maturité admirables.

Jean-Luc Caron, Resmusica, Mai 2016

 

 

Le même éditeur nous offrait voici deux ans le troisième trio (lOpus 110) par Adam Laloum, Mi-Sa Yang et Victor Julien-Laferrière en état de grâce. Les deux premiers nous permettent ici de faire connaissance avec le Trio karénine. Lumineuse, sobre et sensible, leur version de l’Opus 63 épouse les tourments de l’écriture sans trop les rehausser. ici, on dessine à main levée le trot chromatique déjà oppressant du mouvement initial, en ne lissant jamais les inflexions fouillées du dialogue. On s’amuse ensuite avec naturel dans le facétieux scherzo, avant de toucher la grâce du doigt dans l’intimité du mouvement lent, sommet de la poésie Schumannienne. Les interprètes démontrent là une exquise maturité faite de retenue et de pudeur, poignante par son infinie subtilité, avant de s’élancer dans un finale heureux qui en dissipe les angoisses.

L’Opus 80 n’offre pas moins de séductions. par ses contrastes mesurés et une cohérence immaculée, le Trio Karénine en livre les instants de rêverie comme les sautes d’humeur, témoins de cette instabilité émotionnelle propre à l’auteur. Dans un esprit plus fraternel que combatif, les trois musiciens équilibrent leurs nuances, leurs élans et leur accentuation en veillant à ce que rien ne sorte du cadre. (…) Belle réussite pour un premier disque !

Jean-Michel Molkhou, Diapason, Septembre 2016

 

 

« LUMINEUX »

Moins souvent joués que les trios de Beethoven, de Schubert ou de Brahms, ceux de Robert Schumann recèlent purtant de bien jolis trésors. les deux trios proposés ici ont été composés en 1847 – le premier l’a été en hommage à Félix Mendelssohn – et possèdent tout ce qui rend Schumann parfaitement indispensable. Un génie torturé, mais animé d’une sourde énergie. L’interprétation du trio karénine – un groupe de jeunes musiciens français d’exception – est lumineuse et d’une source d’émotions étonnantes.

Frederic Hutman, The Good Life

 

 

« Le Trio Karénine subjugue le public »

Les absents avaient bien tort ! Vendredi soir, le trio Karenine a littéralement enchanté le public avec un formidable voyage dans les contrées de l’est de l’Europe. Dans le somptueux cadre du manège de l’abbaye, les jeunes musiciens, visiblement très complices, ont interprété avec malice et virtuosité des œuvres de Rachmaninov (« Premier trio élégiaque »), Chostakovitch (« Trio numéro 1 »), Dvorak (trio Dumky) avant de conclure sur l’électrisante « Danse du sabre » d’Aram Khatchatourian

La Nouvelle République, Juillet 2016

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